Sortie de Goudet à Pont de Chadron

Lors d’une réunion de bureau CKCF, il est envisagé de participer au stage proposé par le comité départemental le week-end de Pentecôte du 19 au 21 mai. Tout le monde se réjouit de ce déplacement sur la Durance. C’était sans compter sur les dieux de la météo, qui cette année ont déversé, énormément de neige sur les montagnes alpines, ainsi que de grosses pluies orageuses en mai. Résultat : le débit impressionnant sur la Durance (140m3) nous fait renoncer à ce beau week-end en perspective !

Une solution de repli est vite trouvée… Le club naviguera quand même ces 3 jours, sur des rivières plus proches de chez nous, sans avoir besoin de  découcher ! Il est alors décidé une navigation sur l’Allier le samedi, la Loire de Goudet le dimanche et la rivière artificielle de St Pierre de Bœuf le lundi.

Rendez vous pris à 8H30 le samedi, à notre base nautique de la Vigie Mouette, pour un chargement de remorque ; Sonia, René, Pierre et François sont présents. Pierre nous annonce des débits sur l’Allier très impressionnants. Malgré la baisse régulière des niveaux d’eau des derniers jours, il dévale encore 75m3 d’eau entre Monistrol d’Allier et Prades ! Beaucoup trop pour les kayakistes du club, dont certains se réjouissaient enfin d’effectuer leur première navigation sur ce tronçon là.

Mais au CKCF, nous ne renonçons pas… l’appel de l’eau est plus fort. A la place, direction Goudet, où les niveaux d’eau assez élevés (16m3) permettent cependant la navigation. On sent toutefois de l’appréhension chez certains, les différents récits qu’ils ont entendus sur de précédentes navigations cumulés au fort débit, les impressionnent. Sonia s’imagine déjà remporter le trophée du plus grand nombre de bains comme à son habitude !

Le soleil est au rendez vous, il fait même très chaud lorsque nous embarquons à Goudet devant l’auberge vers 11H30. Très rapidement, nous constatons que la rivière bouillonne, le premier rapide sans difficulté apparente, secoue Sonia qui boit la tasse dans un gros rouleau sans même dessaler… le ton est donné, l’aventure s’annonce très sportive.

A l’approche du second rapide, les kayakistes sont divisés quant au choix de la trajectoire : à droite du gros rocher pour Pierre, à gauche pour François… René et Sonia hésitent. A droite, Pierre a beaucoup été secoué et la grosse vague la projeté vers les branchages, mais il est passé. A gauche, il semblerait que François ait un peu moins bataillé. René s’engage à droite, suivant la même direction que Pierre, mais se coince dans les branches, se retrouve en marche arrière, puis en cravate contre le second rocher, finalement c’est la chute. Pas rassurée, Sonia tente à gauche, mais le courant trop fort, l’embarque à droite, la grosse vague envoie le bateau directement dans les branches comme René, le bateau se coince complètement, le bain est instantané, 1ère tasse, le kayak saute le second rocher recouvert par le courant, Sonia suit le même chemin et joue au toboggan tête la première, perd sa pagaie,  2ème tasse, s’ensuit un train de grosses vagues, 3ème et 4ème tasse. Il est temps de sortir la tête de l’eau, heureusement le bas du rapide est en vue, 2 kayakistes à l’eau, le matériel est récupéré mais il manque une pagaie. Pierre remonte le courant pour la retrouver, Ouf !

Après une pause pour reprendre son souffle et vider les bateaux, nous voilà repartis, la tension est un peu plus pesante : la Loire c’est bien, ça change de notre tronçon habituel Pont de Lignon Bas en Basset, mais qu’est-ce que ça remue.

Une succession de rapides relativement plus simple s’enchaîne, nous reprenons confiance. François effectue des surfs à chaque rapide. Le paysage est magnifique entre les orgues basaltiques, des falaises abruptes, le soleil, des genets en fleurs…

Arrive un passage critique, des arbres et branchages en travers de la rivière, nous slalomons entre, sans aucune visibilité sur la suite du rapide, nous respectons nos intervalles de sécurité et enchaînons la descente, aucun stop n’est possible. Pierre montre le chemin, tape un caillou, passe sur une branche dépassant à peine de l’eau, évite le drossage à droite puis stoppe à gauche. Sonia suit exactement la même trajectoire sans éviter les mêmes petits pièges, et miracle ça passe ! René se débrouille assez bien dans le courant, mais effectue une erreur de gite juste en sortie de rapide qui le déstabilise et c’est un deuxième bain.

Seconde hésitation à l’entrée d’une passe sans trop de visibilité, Pierre décide à droite fort heureusement, par la gauche se trouvait une pile de pont avec un fort courant.

La fatigue commence à se faire sentir surtout chez René qui enchaine un 3ème puis 4ème bain dans un rapide pas si compliqué mais qui se retrouve coincé dans un drossage entre son bateau et les branches, une petite frayeur.

A peine plus loin, Pierre chute dans un rapide très simple, que lui arrive t-il ? Il fermait la marche, du coup personne n’a rien vu et ça l’arrange bien !!! Et comme par hasard, plus de batterie sur la caméra… on n’aura pas l’explication.

Depuis un petit moment déjà Pierre nous dit que l’on est plus très loin de la confluence de la Gazeille et donc de l’arrivée ; mais le temps défile, nous fatiguons, nous avons faim, il est maintenant 13H30 et toujours pas de Gazeille en vue.

Troisième hésitation à l’entrée d’un rapide, passe de gauche ou droite : ce sera par la droite malgré l’arbre couché en travers et un petit drossage, passage réussi heureusement, vu du bas la passe de gauche était autrement plus compliquée avec un fort drossage dans les racines d’arbres.

La suite se déroule sans accroc jusqu’à la Gazeille. Les grosses crues de l’automne on séparé en deux le lit de la rivière au niveau de la confluence. Que fait-on ? Passe de gauche ou tentons un débarquement pour naviguer quelques mètres sur la Gazeille ? Finalement nous allons rester à gauche sur la Loire, un peu par fainéantise. Bien mal nous en a pris puisque Sonia s’est retrouvée à l’eau pour le second bain de la journée, éjectée par une grosse vague puis envoyée dans le drossage ; suivi de prêt par René (5ème bain) tombé sensiblement au même endroit. En général, Sonia et René sont fort solidaires dans leur bain…

Le pont de l’arrivée est en vue, un dernier petit rapide, passé de justesse pour René qui tombe de fatigue et nous voilà arrivé sur la plage de Pont de Chadron avec une multitude de spectateurs venus profité du soleil pour un picnic. Il nous aura fallu 3 bonnes heures pour effectuer les 16km de descente.

Très belle descente, quelques belles frayeurs lors des bains, mais nous sommes tous très contents et surtout assez fiers de nos prouesses sportives. Président, attention, maintenant lorsque nous évoquerons une descente sur Goudet, nous saurons de quoi on parle, plus question de nous dire que cette descente n’est guère plus difficile que notre traditionnelle descente Pont de Lignon Bas en Basset !

Vidéo de Pierre
Vidéo de François
Photos

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